Les caractéristiques essentielles d’un bon backup

Quand tu travailles comme technicien informatique, tu es responsable d’assurer la préservation, l’intégrité et la disponibilité des données. Pour y arriver, il ne suffit pas « d’en faire une copie » : il faut mettre en place des sauvegardes efficaces, régulières et conformes aux bonnes pratiques du métier.

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  • Exploration

Dans ce cours, tu vas découvrir les caractéristiques principales d'une sauvegarde professionnelle : ce qui définit un bon backup, les différents types de sauvegarde, leur fréquence, et les options modernes comme l’immutabilité.


Objectifs du cours

À la fin de cette leçon, tu dois être capable de :

  • identifier les principales caractéristiques d’une sauvegarde fiable ;
  • faire la différence entre sauvegarde complète, incrémentale et différentielle ;
  • expliquer l’importance de la périodicité ;
  • comprendre l’intérêt du chiffrement et de l’immutabilité (WORM) ;
  • reconnaître les bonnes pratiques utilisées dans les entreprises.

Les 5 critères essentiels d’un backup

Voici les caractéristiques qu’un technicien doit évaluer lorsqu’il choisit ou configure une solution de sauvegarde.


Périodicité : la fréquence des sauvegardes

La périodicité définit à quel intervalle les données sont sauvegardées.

Pourquoi c’est important ?

  • Plus un système change souvent, plus les sauvegardes doivent être fréquentes.
  • Un intervalle trop long augmente le RPO (Recovery Point Objective) → la quantité de données perdues en cas de problème.

Exemples :

  • PC d’un utilisateur : sauvegarde quotidienne.
  • Serveur de fichiers : toutes les 4 heures.
  • Base de données : toutes les heures.
  • Serveur critique (finances, hôpital) : toutes les 5 minutes.

👉 Une bonne périodicité dépend de la criticité des données, pas d’un chiffre magique.


Type de sauvegarde : complète, incrémentale et différentielle

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Sauvegarde complète

On sauvegarde toutes les données à chaque fois. ✔ Simple ✘ Long ✘ Utilise beaucoup d’espace ✘ Rend les restaurations plus lentes si tu en fais souvent

À utiliser : pour les petites quantités de données ou comme point de départ.


Sauvegarde incrémentale

On sauvegarde uniquement ce qui a changé depuis la dernière sauvegarde (qu’elle soit complète ou incrémentale).

✔ Très rapide ✔ Occupe peu d’espace ✔ Standard en entreprise ✘ Restauration parfois plus lente (il faut assembler plusieurs incréments)

Utilisation typique : sauvegardes quotidiennes ou horaires.


Sauvegarde différentielle

On sauvegarde tout ce qui a changé depuis la dernière sauvegarde complète.

✔ Restauration plus simple qu’avec un incrémental ✘ Plus lourde qu’un incrémental ✘ L’espace utilisé augmente avec le temps

Bonne solution intermédiaire quand on veut un compromis.


Rétention : combien de versions tu gardes

Une vraie stratégie de backup ne garde pas juste « la dernière » version.

Pourquoi ?

  • Une corruption peut passer inaperçue pendant plusieurs jours.
  • Un ransomware peut chiffrer tes fichiers avant que tu n’aies le temps d’agir.

Exemples de politiques de rétention :

  • 30 jours glissants
  • 12 versions mensuelles
  • 7 versions quotidiennes + 4 versions hebdomadaires + 6 versions mensuelles

👉 Plus tu gardes d’historique, plus tu peux revenir loin en arrière.


Chiffrement (Encryption)

Le chiffrement protège les données en cas :

  • de vol de disque externe ;
  • d’interception d’un flux réseau (ex : backup vers un cloud) ;
  • d’accès non autorisé à un NAS.

Bonne pratique :

  • chiffrer les données en transit (TLS)
  • chiffrer les données au repos (AES-256)
  • stocker la clé séparément du système de sauvegarde !

💡 Sans clé → données irrécupérables. 💡 Avec clé stockée au même endroit → chiffrement inutile.


Immutabilité (WORM)

Une sauvegarde immuable est impossible à modifier ou supprimer pendant une période définie.

WORM = Write Once, Read Many → Écrire une fois, lire autant de fois que nécessaire.

Intérêt majeur :

  • protège contre les ransomware ;
  • empêche les erreurs humaines ;
  • garantit l’intégrité dans les systèmes légaux (archivage, finance).

Exemples de sources immuables :

  • snapshots verrouillés (ZFS, NetApp, Synology) ;
  • stockage cloud avec immutabilité (AWS S3 Object Lock, Azure Immutable Storage) ;
  • bandes LTO en mode WORM.

Vérification et tests de restauration

Une sauvegarde non testée n’existe pas. Tu dois vérifier régulièrement :

  • l’intégrité (checksums, hashing) ;
  • la restaurabilité (faire une restauration réelle dans un environnement de test) ;
  • la cohérence (fichiers lisibles, bases de données fonctionnelles).

👉 C'est la règle du 0 erreur dans la méthode 3-2-1-1-0.


Vitesse de sauvegarde et de restauration

Deux paramètres essentiels :

  • vitesse d’écriture → le temps nécessaire pour faire un backup ;
  • vitesse de lecture → le temps pour restaurer.

En entreprise, une restauration trop lente peut coûter très cher (serveur indisponible = pertes financières). C'est le RTO (Recovery Time Objective) → combien de temps peut prendre la restauration avant que ce soit critique ?


Emplacement : local, distant, cloud

La solution doit tenir compte des risques :

  • local : rapide mais vulnérable au vol/incendie
  • NAS : pratique mais vulnérable aux ransomware (sauf immutabilité)
  • cloud : excellent off-site, mais dépend du réseau
  • bandes : très bonnes pour l'archivage long terme
  • hybride : le plus courant (NAS + cloud)

Synthèse (à retenir absolument)

  • Une bonne sauvegarde est régulière, multiple et testée.
  • Le type de backup (complet/incrémental/différentiel) influence la vitesse et la taille.
  • La périodicité dépend de la criticité de la donnée.
  • Le chiffrement protège la confidentialité.
  • L’immutabilité protège contre les ransomware et les erreurs humaines.
  • Sans test de restauration, aucun backup n’est fiable.

Pour aller plus loin