Avant d'ouvrir un outil et de créer des tables, on pose le vocabulaire : qu'est-ce qu'une base de données relationnelle, qui s'en occupe, et comment on s'y connecte ?
Jusqu'ici, tu as travaillé sur du papier : entités, relations, cardinalités, identifiants. C'est le modèle. La prochaine étape est de transformer ce modèle en une vraie base de données qui tourne sur ton ordinateur.
Avant de toucher à un outil, il faut comprendre ce qui s'exécute et avec quoi on lui parle.
Dans une base de données relationnelle, les informations sont stockées dans des tables. Une table, c'est essentiellement un tableau avec :
La traduction depuis le MCD est directe :
| MCD | Base de données |
|---|---|
Entité (CLIENT, TICKET…) |
Table |
Attribut (nom, prix…) |
Colonne |
| Une occurrence | Une ligne |
| Identifiant | Clé primaire (la colonne id) |
Le R de SGBDR — relationnel — vient du fait que ces tables sont reliées entre elles par des colonnes spéciales appelées clés étrangères. Tu verras la mécanique exacte dans le prochain cours.
💡 Une base de données relationnelle, c'est donc un ensemble de tables qui se référencent mutuellement de façon contrôlée.
Les tables ne flottent pas dans le vide. Elles sont gérées par un programme : un SGBDR — Système de Gestion de Base de Données Relationnelle (🇬🇧 RDBMS, Relational Database Management System).
Son boulot :
| SGBDR | Particularité |
|---|---|
| MySQL | Le plus répandu sur le web, racheté par Oracle |
| MariaDB | Fork libre de MySQL, presque 100 % compatible — c'est ce que Laragon installe par défaut |
| PostgreSQL | Très complet, réputé pour sa rigueur |
| SQLite | Pas un serveur : un simple fichier .db, idéal pour les petites apps |
| SQL Server | Solution Microsoft, courante en entreprise |
| Oracle Database | Historique, très présent en grande entreprise |
Dans ce cours, on utilise MySQL / MariaDB : c'est le SGBDR de loin le plus courant chez les hébergeurs web, et c'est celui que Laragon (ou XAMPP) a installé sur ta machine.
Voici le point qui surprend souvent au début.
Quand tu démarres Laragon, un programme se lance en arrière-plan : c'est le serveur MySQL (mysqld, le d pour daemon). Il tourne en permanence, écoute sur un port réseau (par défaut le 3306) et attend qu'on lui parle.
Toi, tu ne lui parles jamais directement. Tu utilises un client — un autre programme qui se connecte au serveur et lui transmet tes ordres.
┌────────────────────┐ ┌─────────────────────┐
│ CLIENT │ │ SERVEUR │
│ (toi, via…) │ ──────► │ MySQL / MariaDB │
│ │ port │ │
│ - HeidiSQL │ 3306 │ ┌───────────────┐ │
│ - phpMyAdmin │ ◄────── │ │ tables │ │
│ - un script PHP │ │ │ sur disque │ │
│ - la ligne cmd │ │ └───────────────┘ │
└────────────────────┘ └─────────────────────┘
Conséquences pratiques :
Application Windows gratuite, interface graphique riche. On peut créer des bases, des tables, taper des requêtes SQL, voir et éditer les données comme dans un tableur. C'est l'outil de tous les jours sur ta machine.
Une application web (écrite en PHP) qui tourne sur le serveur web et expose une interface dans le navigateur. Quasiment tous les hébergements mutualisés la proposent — c'est souvent le seul moyen d'administrer une base distante sans installer de logiciel.
🧠 À retenir : HeidiSQL et phpMyAdmin sont deux clients différents qui parlent au même serveur MySQL. Tout ce que tu crées avec l'un est visible avec l'autre — c'est la même base de données.
mysql — installée avec Laragon, utile pour les scriptsQuel que soit le client, on parle au serveur dans le même langage : SQL (Structured Query Language).
Exemples — pas besoin de comprendre la syntaxe maintenant, c'est juste pour voir à quoi ça ressemble :
-- Créer une table
CREATE TABLE client (
id INT NOT NULL AUTO_INCREMENT,
nom VARCHAR(100),
prenom VARCHAR(100),
PRIMARY KEY (id)
);
-- Ajouter une ligne
INSERT INTO client (nom, prenom) VALUES ('Dupont', 'Marie');
-- Lire les données
SELECT * FROM client WHERE nom = 'Dupont';
Les interfaces graphiques (HeidiSQL, phpMyAdmin) génèrent du SQL pour toi quand tu cliques. Tu apprendras à écrire ce SQL directement dans les cours qui suivront — c'est une compétence indispensable dès qu'on quitte les interfaces toutes faites.
Maintenant que le décor est planté, on peut faire l'étape qui manque entre ton MCD papier et de vraies tables : traduire le schéma entité-association en modèle relationnel, avec ses clés primaires et ses clés étrangères.